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ARTICLE20 mars 2025

De la vision à l’action : Leçons et réalisations du Programme d'Investissement pour la Forêt en République démocratique du Congo (RDC)

The World Bank

Vue aérienne de zones forestières et de parcelles agricoles en RDC. Photo : Banque mondiale

Les initiatives en matière d'agroforesterie, d'énergie propre et de gestion communautaire des forêts ont touché plus de 421 000 personnes dans le cadre du Programme d'investissement pour la forêt. Ces initiatives ont permis de réduire ou d'éviter les émissions de gaz à effet de serre nocifs, de renforcer les initiatives du secteur privé et de débloquer jusqu'à $55 millions en crédits carbone. S’appuyant sur ces réalisations, la Banque mondiale étend ses investissements climatiques et environnementaux en RDC à travers un programme de $300 millions visant à protéger les forêts et la savane.

Depuis plus d'une décennie, les vastes étendues de terre autour de certaines grandes villes de la République démocratique du Congo (RDC) - Kinshasa, Kisangani, Mbuji-Mayi et Kananga - sont au centre du Programme d'investissement pour la forêt (PIF), conçu pour réduire les effets dévastateurs de la pression humaine sur une ceinture  forêts tropicales denses considérées comme vitales pour la survie de la planète. Financé pour la première fois à hauteur de $60 millions par le Fonds d'investissement climatique, les initiatives du programme ont touché plus de 421 000 personnes vivant à proximité de ces grandes villes, situées à des centaines de kilomètres l'une de l'autre, à l'ouest, au nord-est et au centre de la RDC.

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Un apiculteur local en tenue de protection s'occupe de ses ruches dans une zone forestière, représentant des moyens de subsistance durables qui réduisent les pressions liées à la déforestation tout en soutenant les économies locales. Photo : Banque mondiale

Alors que le PIF, un partenariat entre la Banque mondiale et la Banque africaine de Développement, touche à sa fin, il offre des enseignements pour les futurs investissements dans le secteur du climat. Grâce à des projets d'agroforesterie, d'énergie propre et de gestion communautaire des forêts, il a permis de réduire les émissions, d'autonomiser certains éléments du secteur privé et de débloquer jusqu'à $55 millions en crédits carbone. L’appui reste essentiel pour garantir la durabilité de ses résultats.

La Banque mondiale a joué un rôle essentiel dans deux projets financés par le PIF : Le Projet de gestion améliorée des paysages forestiers (PGAPF), d'une valeur de $70 millions à l’intérieur du pays, et le Projet d'appui aux communautés dépendantes des forêts (PACDF), conçu pour aider les populations autochtones et les communautés locales touchées par les changements résultant des politiques mondiales connues sous le nom de REDD+, qui visent à réduire les émissions dues à la deforestation  et à la dégradation, à conserver les stocks de carbone, à encourager la gestion durable des forêts, et à améliorer les stocks de carbone.

Un troisième projet PIF, le projet REDD+ intégré de dans les bassins de Mbuji-Mayi/Kananga et de Kisangani d’une valeur de $22 millions, réalisé dans deux régions distinctes, a été supervisé par la Banque africaine de Développement.

Des projets essentiels pour la RDC
Les projets du PIF se sont avérés essentiels pour un pays comme la RDC, où les forêts assurent la subsistance des populations locales, fournissent des services écosystémiques essentiels, agissent comme un puits de carbone mondial et abritent une biodiversité exceptionnelle, mais sont également confrontées à des menaces importantes. La déforestation et la dégradation des sols sont principalement dues à la culture sur brûlis et à l'abattage d'arbres pour le charbon de bois. Rien qu'en 2020, la RDC a perdu 1,31 million d'hectares de forêts naturelles, ce qui a entraîné des émissions de dioxyde de carbone supérieures à l'empreinte carbone total de la France en 2019.

Les activités soutenues par ces projets comprennent l’afforestation - la plantation de nouvelles zones d'arbres -, la reforestation, les pratiques agroforestières, la distribution de foyers améliorés, l'introduction de techniques durables de fabrication de charbon de bois et le développement de sources d'énergie alternatives, ainsi que des activités pilotes de moyens de subsistance alternatifs pour les communautés, la construction d'infrastructures communautaires de base et le soutien à la gestion communautaire des forêts.

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Une session d’evaluation participative avec les parties prenantes locales montrant l'approche la gestion communautaire des forêts. Photo : Banque mondiale

L'ensemble de ces efforts a permis de réduire la pression sur les forêts de la RDC et de soutenir les moyens de subsistance durables des Congolais les plus pauvres, réduire les émissions, renforcer les moyens d’action du secteur privé et débloquer jusqu’à 55 millions de dollars de crédits carbone. Le soutien reste essentiel pour assurer la durabilité de ses résultats.

Principaux enseignements du programme d'investissement forestier :

Alors que le PIF tire à sa fin, il offre des enseignements pour les investissements climatiques futurs.

  • Le PIF a servi de fonds catalyseur pour REDD+ en RDC, en guidant le pays de la préparation à l'investissement et ouvrant la voie à des paiements basés sur la performance. Les réductions d'émissions, obtenues grâce à la plantation de plus de 4 000 hectares d'arbres dans la province du Mai-Ndombe, constituent la base des paiements à hauteur de $55 millions que la Banque mondiale versera à la RDC dans le cadre du Contrat d’Achat-Vente  de Réductions des émissions que la RDC a signé en 2018. Le premier versement, prévu en 2025, constituera une étape majeure dans le soutien de la Banque mondiale à la vision de la RDC de devenir un "pays-solutions", lui donnant accès à des financements climatiques supplémentaires.
  • L’ approche innovante du PIF consistant à cibler les points chauds de la déforestation à proximité des centres urbains s'est avérée être un modèle efficace pour traiter les facteurs de déforestation du côté de l'offre et de la demande (production de bois de chauffage et de charbon de bois), avec les résultats les plus importants ayant été obtenus du côté de l'offre grâce à la gestion durable des forêts et à l'afforestation.
  • Le PIF-RDC aura un impact mesurable sur la réduction ou l'évitement des émissions de gaz à effet de serre équivalant à plus de 31 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2 eq). Les activités soutenues par la Banque mondiale représentent un potentiel d'atténuation total de 29,5 millions de tonne de CO2e supprimées et évitées grâce aux activités terrestres et de 44 127 tCO2e grâce à la cuisson propre, qui s'accumuleront au cours de la prochaine décennie à mesure que les investissements du PIF produiront des bénéfices en termes d'atténuation. Ces chiffres représentent plus de 200 % de l'objectif initial de 15,5 millions de tonnes d'équivalent CO2.
  • L’engagement des chaînes d'approvisionnement en bois-énergie du secteur privé et la promotion du développement du marché ont permis d'introduire des systèmes de subventions de contrepartie, qui ont aidé sept entreprises à produire et à distribuer des fourneaux propres. Cela a permis d'obtenir un investissement privé de $186 000 et de placer près de 90 000 foyers améliorés sur les marchés urbains.
  • Les approches de la gestion foncière ont impliqué les acteurs locaux, facilitant la médiation des conflits et une vision commune, et ont permis d'étendre la gestion durable des forêts dans différentes provinces. Elles ont également renforcé les droits fonciers coutumiers et leur alignement sur le cadre réglementaire évolutif de la gestion foncière en RDC.
  • Le financement du PIF s'est étendu au-delà de ses activités, jetant les bases d'un élargissement des objectifs et de la portée géographique. Le financement initial du PGAPF a attiré environ $26 millions de financement supplémentaire de l'Initiative pour les Forêts d'Afrique Centrale (CAFI) et $5,9 millions du Fonds pour l'Environnement mondial (FEM). Le Mécanisme spécial de Dons en faveur des peuples autochtones et des populations locales (DGM) a également permis de catalyser $1,8 million de la part de l'Initiative pour les forêts d'Afrique centrale (CAFI).
  • Les projets du PIF ont partagé l'apprentissage entre les peuples autochtones et les communautés locales, renforçant la cohabitation et l'intégration du genre dans les structures de planification, de prise de décision et de gestion. Le PACDF a soutenu le développement d'une concession forestière communautaire locale de 250 000 hectares et d'une loi historique reconnaissant les droits des peuples autochtones, adoptée en 2022.

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