Le Mali a connu de très importantes inondations entre juillet et août 2024 qui ont endommagé sur leur passage des centres de santé, des écoles ainsi qu’une trentaine de routes, de ponts et de dalots. Pour les ménages sinistrés, déjà confrontés au manque de vivres et d’accès à l’assainissement, le mauvais état des routes vient menacer davantage leurs moyens de subsistance.
Les chiffres avancés par la ministre de la Santé et du Développement social en matière de dégâts causés par les inondations sont terrifiants. « La pluviométrie éprouvante de 2024 a entrainé 729 cas d’inondation, 47 306 maisons effondrées, 2 915 greniers et magasins détruits, plusieurs milliers de têtes de bétail emportées et des centaines de milliers de terres agricoles perdues, affectant 88 083 ménages », a détaillé le Colonel Assa Badiallo Touré.
Une réponse immédiate, à la mesure des inondations
Face à l’ampleur exceptionnelle des inondations, l’état de catastrophe nationale a été déclaré par le gouvernement malien en août 2024. Depuis lors, un plan d’action estimé à 73 millions de dollars (43 milliards de Francs CFA) a été mis en œuvre pour permettre au Mali de restaurer les infrastructures et les services urbains affectés dans les secteurs de l’assainissement, de la santé, du transport, de l’éducation et de l’agriculture. Le plan inclut également le renforcement des capacités de réponse aux urgences de la Protection civile et des autres secteurs concernés. L’une des interventions les plus urgentes consiste à soutenir les moyens de subsistance des personnes sinistrées en leur fournissant des vivres, des kits scolaires, des solutions de relogement temporaire et une prise en charge médicale adéquate assortie d’une dotation conséquente en médicaments, vaccins, petits matériels et équipements de santé plus lourd.
Une réhabilitation d’urgence d’infrastructures détruites
Parallèlement à la distribution de vivres, une composante d'intervention d'urgence (CERC, en anglais) a été déclenchée dans le cadre du Projet de résilience urbaine de Bamako (PRUBA). Cette composante accompagnera la mise en œuvre d’autres volets du plan d’action, prévu pour durer encore 14 mois. Les équipes de la Banque mondiale et celles du gouvernement travaillent de concert pour réhabiliter les routes afin de rétablir la connectivité et la mobilité sur tout le territoire. La composante CERC permet également la réhabilitation des centres de santé et des écoles pour restaurer l’accès aux services. Elle prévoit aussi la fourniture d’équipements aux structures d’intervention du gouvernement en cas de catastrophes et le lancement d’études pour l’aménagement et l’assainissement des sites exposés. L’objectif est de mieux se préparer face aux évènements extrêmes à venir.
Mais comment identifier rapidement les bénéficiaires, alors que nombre d’entre eux se sont dispersés du fait de l'ampleur des dégâts ? Selon la directrice régionale du développement social, le recensement des sinistrés a été réalisé de manière rigoureuse et inclusive. Les agents des services sociaux, en collaboration avec les chefs de quartier, les jeunes, les femmes, les autorités communales et coutumières ont effectué un comptage physique, ménage par ménage. « Cette approche a permis d'obtenir des données précises et d’assurer une répartition plus équitable de l’aide, en tenant compte de la réalité démographique des foyers, parfois composés de plus de 15 personnes », a précisé Diarra Maimouna Famanta, la directrice régionale du Développement social.